Un nouveau maire à Montréal : quel impact pour la culture et pour les artistes montréalais ?

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Montréal, le 4 novembre 2013 – Le dimanche 3 novembre 2013, les Montréalais ont élu un nouveau maire, Denis Coderre, dont le mandat s’annonce sous haute surveillance. Au-delà du fait de déplorer si peu d’engagement de la part des habitants de la métropole (39 % de votants) et du chantier qui attend le maire pour asseoir une nouvelle crédibilité à la ville de Montréal, une question demeure : quid de la culture et des artistes montréalais ?

Certes, M. Coderre a participé au débat lancé par Culture Montréal le 1er octobre dernier sur les enjeux des arts et de la culture, sans d’ailleurs forcément briller par son envie impérieuse de faire avancer les dossiers, notamment la question du financement du Conseil des arts de la ville à l’égard de laquelle il a simplement mentionné le fait qu’on ne pouvait faire des miracles et qu’il fallait rester réaliste – comme toujours en matière de culture ?, mais que compte-t-il faire désormais concrètement sur ce dossier des arts et de la culture ? Quelles seront ses premières décisions pour supporter, reconnaître et financer le milieu ?

Nous craignons que la vision (trop) mercantiliste des arts et de la culture n’empêche la nouvelle administration d’apprécier leur dimension sociale, le rôle de la culture dans la construction d’une identité commune à nous, montréalais de toutes origines, et source d’épanouissement collectif.

En effet, le principal enjeu se situe bien là, au regard des réalités de vie des artistes de plus en plus alarmantes, notamment pour certaines catégories qui, au-delà de tenter de vivre de leur art, ont du mal à se faire reconnaître en raison de leur manque de réseaux et de ressources. Si Diversité artistique Montréal (DAM) et ses partenaires (CAM, MAI, Vision Diversité, etc.) contribuent à l’accompagnement et à l’insertion de bon nombre d’entre eux, il n’en reste pas moins que le statut d’artiste s’inscrit encore et toujours dans la précarité, dans la course folle aux contrats quand ce n’est pas tout simplement dans l’absence d’une rémunération normale pour le travail accompli. Trop d’institutions, de lieux de diffusion, les bars notamment, d’organisateurs d’événements, dont les événements bénéfices, font appel aux artistes sans pouvoir, voire sans vouloir les rémunérer, ce qui accentue davantage cette précarité. Un plombier qui fournit ses services, ne serait-ce que pour 10 minutes, ressortirait-il d’une maison sans être payé ? Pas sûr…

La ville de Montréal et son maire ont une responsabilité sociale, morale et politique de protéger, de financer et de reconnaître de façon bien plus engagée qu’actuellement ses artistes professionnels de toutes origines qui, par leur travail quotidien, contribuent à l’attrait et au rayonnement de la ville. Car s’il s’agissait d’imaginer un instant Montréal sans ses festivals, ses spectacles, sa diversité et autres réseaux underground qui en font un des lieux les plus prisés au monde, qu’en resterait-il ? De quelle aura pourrait se prémunir la mairie ou Tourisme Montréal ?

Oui M. Coderre, la ville de Montréal a besoin d’un maire fort et engagé, pas seulement pour la nettoyer de ses pêchés, mais pour la faire prospérer dans le respect de chacun de ses travailleurs et administrés, fussent-ils artistes, afin que cette métropole garde la dragée haute en matière de rayonnement culturel et d’art qui sont les garants et le ciment du bien-vivre ensemble pour lequel il fait bon vivre ici… À DAM, nous attendons des actes qui, comme chacun sait, valent plus que tous les mots.

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