Montréal Métropole Culturelle Rendez-vous 2012 : un mi-parcours réussi

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Montréal le 27 novembre 2012 – Durant la journée d’hier à la Tohu, haut lieu d’art et de culture montréalais, avait lieu un regroupement sans précédent des acteurs du milieu artistique et culturel de Montréal, du Québec et du Canada, qui a marqué avec énergie la mi-parcours du chemin tracé vers l’horizon 2017, date à laquelle est projeté le positionnement de Montréal comme « Méridien culturel mondial » (dixit Dinu Bumbaru) pour son 375ème anniversaire.

Grâce à la présence appréciée de nombreux élus qui ont montré par leur participation active la pleine et essentielle implication du dispositif politique, dont Madame la première ministre Pauline Marois, M. le ministre de la culture et des communications Maka Kotto, M. le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles James Moore, Madame la ministre de l’Immigration et des Communautés Culturelles Diane De Courcy, M. le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, ou encore le nouveau maire de Montréal M. Applebaum, et la présence des représentants enthousiastes et engagés des instances culturelles dont Culture Montréal et son président Simon Brault faisaient office d’excellent organisateur de l’événement – félicitons grandement Culture Montréal et son équipe pour la réussite de cette journée -, cette rencontre riche d’échanges et d’initiatives s’est articulée autour de trois grands axes de discussion: Montréal et son développement local, Montréal et son rayonnement international, Montréal et les nouveaux axes de financement de sa politique culturelle.
Par le biais d’interventions planifiées et d’interventions spontanées du public, les quelques 900 participants (mouvement incroyable et remarquable de concertation !) ont pu assister à un déploiement d’idées, de constats, de réalisations ou de projets qui, à l’évidence, a démontré la volonté commune d’inscrire la métropole montréalaise comme le futur phare international en termes d’arts et de culture.

Si cet objectif doit consacrer un investissement mano a mano de tous, au-delà de tout clivage, elle passe surtout par la nécessité de considérer le local comme le pilier fondamental de cette construction globale. C’est d’ailleurs sans nul doute le point qui a suscité le plus d’engouement notamment par l’interpellation de quelques-uns – au demeurant fort applaudis – qui n’ont pas oublié d’ouvrir la brèche des conditions difficiles et trop peu soutenues d’une activité culturelle créative versus une activité culturelle à laquelle les industries s’amarrent à des fins financières. Si celles-ci sont indispensables, elles doivent être complémentaires à l’oeuvre créatrice des artistes et leur assurer des retombées directes, condition sine qua none de leur subsistance trop précaire1.

Dans des mots choisis de la bouche des intervenants, le slam du jeune Ro2ro (alias Julien Roldens) a piqué les esprits rappelant avec finesse la réalité complexe, et trop souvent délicate des travailleurs culturels qui, en amont des projets, en sont les porteurs administratifs. Rappelons à ce titre que si un soutien financier desdits projets leur permet de voir le jour, le financement au fonctionnement des organismes reste insuffisant, malgré le support des bailleurs de fonds, pour assurer la mise en place de ces projets artistiques. La majorité de ces structures culturelles est en effet supportée par des subventions salariales sans cesse renouvelables et par une armée de stagiaires et de bénévoles incontournable.

Concernant la diversité enfin et surtout, celle-ci a trouvé un écho important, principalement par l’intervention de notre président Damian Nisenson qui a été entendue hier – et reprise dans Le Devoir aujourd’hui – pour rappeler les obstacles récurrents que rencontrent les artistes issus de l’immigration, notamment dans leur difficulté à se faire reconnaître professionnellement ou à pénétrer les sphères du monde éducatif insécables de la transmission des arts et de la culture « pour un vrai métissage dans le coeur de nos enfants, pas seulement dans les salles de concert ». Nous restons en effet convaincus et engagés pour défendre l’idée que la diversité est au coeur des enjeux de demain en matière culturelle, qu’elle « est un formidable atout pour Montréal et qu’il faut tout faire pour la promouvoir » selon les mots de Mickael Applebaum, appuyés par ceux de l’honorable James Moore qui a assuré que « poursuivre et entretenir notre engagement auprès des immigrants est un atout pour la diversité culturelle ». Seule la capacité de tout un chacun à considérer la diversité comme systématiquement incluse à la société québécoise permettra d’en enregistrer les bénéfices au profit du patrimoine immatériel commun. Et pour d’éventuels investisseurs privés en culture qui en douteraient encore, Montréal Métropole Culturelle le gazouillait hier sur Twitter : « les artistes immigrants sont des générateurs de richesse concrètes et mesurable en dollars. Il faut leur faire une place »2.

Montréal comme première métropole culturelle internationale est donc un pari osé mais qui, au regard de cet événement vécu hier et de l’enthousiasme incroyable qu’il a suscité de la part de tous, ne pourra se faire que par le travail conjoint et par la prise en compte de tous les acteurs réunis en ce jour mémorable du 27 novembre 2012.
DAM y participera.

 

1 Rappelons que selon le ministère de la Culture et des Communications en 2005, près de 45 % des artistes ont un revenu annuel inférieur à 20 000 $, alors que seulement 2,4 % gagnent plus de 50 000 $.

2 Diversité artistique Montréal cherche des partenaires pour inscrire durablement sa politique de développement et assurer une image sociale forte à d’éventuels entrepreneurs en arts et en culture intéressés par le potentiel de la richesse créatrice de la diversité.

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