“Moi et l’autre” : parce qu’être immigrant et québécois, c’est possible!

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Montréal, le 31 octobre 2014 – Comme récemment souligné avec la pièce de théâtre Trois, Diversité artistique Montréal (DAM) tient à saluer, féliciter et mettre les projecteurs sur la pièce “Moi et l’autre” de Talia Hallmona et Pascal Brullemans qui tient l’affiche au théâtre Aux Écuries jusqu’au 8 novembre. Bien évidemment, il faut féliciter en premier lieu le talent incontestable des actrices (Talia et Marie-Ève Trudel), la mise en scène épurée mais ô combien efficace et la qualité du texte décapant sur lequel ont travaillé Pascal Brullemans et Talia Hallmona durant de nombreux mois. Les nombreux rires provoqués pendant le spectacle témoignent de ce talent.

Mais plus encore, c’est la justesse de ce texte et les questions qu’il soulève qui retient ici notre attention. En tant qu’organisme qui prône une diversité dans l’ouverture, l’inclusion et le “Nous-Autres”, la question de l’identité vécue versus perçue amène à une posture réflexive sur soi à travers l’autre, mais aussi, à l’inverse, sur l’autre à travers soi. Comment vivre, en effet, une double identité qui se construit au fur et à mesure d’un enracinement volontaire dans le pays d’accueil ? Comment être soi l’égyptienne, et la soi québécoise, comme le décortique ici Talia Hallmona ? Peut-on finalement être un immigrant et un québécois ?

La table est mise et permet d’examiner en profondeur un questionnement précis, juste et réel qui sans aucun doute taraude tous les immigrants de ce monde. Et assurément, si la question demeure complexe, les réflexions et vérités proposées dans cette pièce sont porteuses de sens et d’universalité et devraient être entendues par l’ensemble de la société québécoise sur la façon d’être un « Nous » collectif rassembleur, non diviseur. Avis à tous les politiciens…

Autre élément positif à souligner et à féliciter, c’est le signe progressif et constant de certains théâtres (Théâtre d’Aujourd’hui, Aux Écuries, Quat’Sous par exemple) qui mettent en avant ce type de textes hautement contemporain, révélateur et véritablement représentatif du monde dans lequel vit le Québec d’aujourd’hui, en faisant une place à une génération d’artistes issus de la diversité, encore sous-représentés dans bon nombre de disciplines. Doucement pourtant, le train semble se mettre en marche et gare à ceux qui ne montent pas dedans, pouvant se réveiller un matin bien surpris d’être dépassés ou sclérosés dans un « entre-soi » réducteur. Cette fois-ci, l’avis s’adresse à certaines grandes institutions théâtrales qui, à l’inverse de ceux qui présentent une pièce comme « Moi et l’autre », sont encore loin du compte. Comme le dit si bien Talia Hallmona, « je pense qu’on arrive à un moment où on n’a plus le choix de l’imaginer [la diversité] parce qu’elle est là. Elle nous habite. Enfin. Et je crois que ça va débouler. ». Et Gaston Miron de renchérir en Homme rapaillé, cité en fin de pièce : « je ne suis pas revenu pour revenir, je suis arrivé pour ce qui commence ». L’avenir NOUS appartient, faisons-le.

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