Le théâtre à l’image du métissage de Montréal : du débat… à l’action?

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Montréal, le 26 août 2014 – Diversité artistique Montréal (DAM) tient à féliciter et remercier le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) pour avoir organisé, ce dimanche 24 août, un forum s’attaquant (enfin!) au thème  du « théâtre comme lieu de racisation? ». La rareté de telles tribunes osant aborder ce sujet contraste avec l’ampleur des réactions qu’il suscite et des blessures qu’il met au jour.

Dans la salle de l’Institut Goethe, des comédiens, des metteurs en scène, des auteurs – souvent les trois en même temps d’ailleurs -, étaient amenés à échanger sur les formes de discrimination et de racisation qui se manifestent dans le milieu théâtral. Tout à coup, entre ces quatre murs et à travers chaque récit d’expérience, une même voix s’est élevée : la même que l’on entend à DAM, celle qui raconte d’une part les portes closes aux auditions pour ceux qui ne fit pas dans le moule québécois, et d’autre part, les rôles clichés et étriqués qui collent à la peau de ceux dont la couleur, l’accent ou le prénom évoque un ailleurs toujours trop lointain.

Cette réalité que l’on dit et que l’on entend rarement ne doit pas être traitée seulement comme un problème spécifique aux artistes dits de la diversité. Elle doit être entendue comme un appel à l’ouverture de nos théâtres montréalais, un appel à l’audace – si c’en est une – d’enfin refléter sur les scènes québécoises le visage du métissage qui se décline à Montréal sous d’infinies combinaisons. Il est temps que le milieu artistique tout entier, au-delà du théâtre, abandonne l’idée d’un Québec monochrome, car le Québec d’aujourd’hui est rendu ailleurs, est devenu autre.

Ce forum doit être un point de départ pour amorcer un débat plus large, au-delà des quatre murs contre lesquels nos échanges ont buté dimanche, et pour engager un dialogue avec les créateurs, les directeurs artistiques, les metteurs en scènes, les auteurs et les producteurs qui façonnent l’art d’aujourd’hui, dans la création comme dans les choix de programmation. Le CEAD a ouvert la porte, conscient et de la réalité de ce problème trop récurrent, et de l’urgence à se relever les manches pour que la scène montréalaise se regarde en face et accepte des changements de fond. Mais ce débat doit engager les bons acteurs, non plus seulement ceux qui, comme ce dimanche, sont convaincus et convertis. Les autres instances – les associations professionnelles en premier lieu – doivent participer, monter au créneau et être actifs dans ce changement de mentalité.  Au-delà des débats vient le temps de poser des actes…

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