L’ADISQ : un Gala et des prix pour qui ?

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Montréal le 28 octobre 2013 – L’ADISQ a dévoilé ses prix de la musique hier durant son Gala annuel qui vise à récompenser les meilleurs albums, artistes, chansons et autres professionnels de l’industrie musicale. Outre le talent incontestable de tous les récipiendaires, une question demeure chaque année dans les esprits de ceux qui vivent la réalité sociale de la province : L’ADISQ, un Gala et des prix pour qui ?

En effet, Diversité artistique Montréal (DAM) s’interroge sans cesse quand il découvre année après année la longue liste des nominés et vainqueurs : mais où est donc passée la diversité culturelle de Montréal et plus largement du Québec dont les populations semblent pourtant se métisser toujours un peu plus ? N’y a-t-il donc, dans le monde de la musique, aucun musicien, chanteur, groupe valable qui propose une musique métissée – que l’on dénomme d’ailleurs trop facilement « du monde » – pour faire partie de ces prix de reconnaissance ? Aucun producteur, agent de spectacle, programmateur, distributeur ou agent d’artiste qui trouve que certains talents méritent d’être écoutés, voire récompensés ? Certes (et heureusement !), Karim Ouellet était là (1 sur 32 nominés !), pour représenter dans les 11 catégories principales le contingent de tous ces artistes inconnus ou que le milieu ne semble vouloir découvrir, rencontrer, prétextant souvent qu’ils n’ont pas été représentés ou encore qu’ils n’ont pas fait les démarches nécessaires. Mais, à quel titre était-il là ? Pour son talent ? C’est incontestable. Pour dire que la diversité était présente ? C’est incontestable aussi, mais tellement politiquement (in)correct et non représentatif d’une diversité artistique pourtant bien présente à Montréal.

Peut-être ces artistes n’ont-ils pas accès aux structures, aux maisons de disques, aux agents de spectacles ? Si c’est le cas, la question demeure pourquoi ? Sans doute faut-il revoir à la racine la façon de considérer la musique en sortant des catégories ou en changeant les critères d’admissibilité à ce type d’événement. Pourquoi parle-t-on d’ailleurs de musique du monde ? Pour dire que l’on considère la musique des « autres » ? Ou pour se rassurer collectivement que l’on fait une place à « l’autre » justement ? Nous n’avons pas la réponse, mais les questions méritent d’être posées pour qu’un jour, au Gala de l’ADISQ, on puisse apprécier et reconnaître des chanteurs, musiciens et groupes d’ici, de façon inclusive, ouverte et représentative d’un Montréal bien plus loin dans sa réalité sociale que ce que n’a proposé une fois de plus hier cet événement québécois.

L’ADISQ semble éloignée des instances municipales et gouvernementales des arts et de la culture qui s’ouvrent chaque jour un peu plus à cette réalité sociale québécoise, tout comme certaines associations professionnelles qui, elles, ont déjà entamé une réflexion de fond sur cette question d’une inclusion systématique. Penser désormais ainsi permettrait d’accepter « l’Autre » comme un prolongement de soi, c’est-à-dire finalement comme un « Nous Autres » qui fait aujourd’hui cruellement défaut dans ce Gala de l’ADISQ qui intéressera probablement de moins en moins de monde proportionnellement à l’évolution de la démographie québécoise… Car pour apprécier quelque chose, encore faut-il s’y reconnaître, non ?

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