La philanthropie culturelle : le plus grand défi citoyen à relever pour les arts et la culture ?

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Montréal le 18 janvier 2013 – La crise, toujours la crise, est à nouveau au coeur du débat sur le financement des arts et de la culture, quand un des leaders de l’industrie privée culturelle du Québec coupe ses effectifs. Si la raison invoquée peut en surprendre plus d’un, l’annonce de la suppression de 400 postes au Cirque du soleil attriste autant qu’elle soulève encore une fois le questionnement, voire le désarroi de la part de ceux qui chaque jour s’investissent à plus de rayonnement culturel, donc à plus de mieux être. Car il ne faut pas s’y tromper en tombant dans les pièges du tout économique. Les arts et la culture, au-delà du réceptacle financier qu’ils génèrent, sont avant tout le poumon de nos vies et marquent le mieux vivre ensemble, le dynamisme sociale de nos quartiers, les émotions qui guident notre vision positive de l’avenir et mettent un sourire à nos faces !

Alors comment stopper l’hémorragie financière insidieuse et continue qui affecte nos métiers quand l’aporie gouvernementale se fait antienne ? La solution pourrait résider dans la philanthropie culturelle, dont le lancement officiel par la première ministre Pauline Marois d’un groupe de travail sur la question présidé par Pierre Bourgie a eu lieu vendredi dernier au musée des beaux arts, sous l’oeil d’un parterre nombreux d’acteurs culturels et de philanthropes. Donner pour les arts le surplus estimé d’une réussite entrepreneuriale ou familiale, soutenir la culture quand on a les moyens d’y participer en tant que patron ou citoyen, voilà des valeurs d’altruisme qu’il faut encourager, et surtout respecter, sans tomber dans un transfert de responsabilité du gouvernement vers le secteur privé (promesse réitérée par la première ministre et le ministre de la culture Maka Kotto).

Si les actes déjà posés de certains rassurent sur l’existence d’une telle générosité, mobiliser les âmes citoyennes ainsi que les grandes, moyennes et petites réussites de la province qui reste celle dont la générosité est la moindre du pays n’est pas tâche facile. Si les fortunés passionnés ont souvent une longueur d’avance parce que sensibilisés à la cause depuis longtemps et affutés aux arcanes de la fiscalité, comment dire à tous les entrepreneurs du Québec et plus largement à tous les québécois : faites don de vous, faites don de votre argent pour sauvegarder ce qui fait notre unicité, notre richesse, notre grandeur, notre identité ?

Le défi est de taille et mérite les quelques lignes de ce communiqué de sorte que chaque voix concernée s’élève à plus d’audace, à plus de partage, à plus de gestes qui feront la différence, à plus de différence dans « l’être ensemble », à plus d’imagination pour un avenir riche en culture et donc en argent et vice-versa, à plus de création dans la capacité à croire en l’Autre que soi créateur d’art et de culture, ou tout simplement à plus de « soi » dans un mouvement et modèle collectifs citoyen qui, au final, portera le Québec et chaque québécois à la richesse d’être lui-même, c’est-à-dire en étant, à sa façon, un artiste.

Diversité artistique Montréal en appelle ainsi chaque plume, chaque doigt, chaque clavier, chaque tête pensante à sortir de sa torpeur comme il est sorti de chez lui un jour de mai une casserole à la main, pour écrire ou dire à son voisin boulanger, à son cousine informaticienne, à son patron enrichi de son labeur : soyez généreux et altruiste, aidez les arts et la culture, soyez un philanthrope culturel, nous en ressortirons tous grandis ! La philanthropie culturelle, c’est un enjeu de taille pour notre province dont il faut prendre conscience afin d’arrimer au secteur des arts et de la culture un système de financement durable, seule façon de garder le sourire sur nos faces…

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