LA DIVERSITE SE REBELLE AUX JUTRA

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Montréal le 19 mars 2013 – Le film Rebelle du réalisateur Kim NGuyen, a été plébiscité dimanche soir lors de la cérémonie des Jutra, avec huit statuettes, dont le meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure actrice pour la jeune kino-congolaise Rachel Mwanza. Diversité artistique Montréal tient à relever ce beau palmarès qui fait honneur aux artistes professionnels issus de la diversité, signe d’un patrimoine culturel pluriel et métissé qui, lorsqu’il est ovationné de la sorte partout dans le monde (le film était en lice aux Oscars et à Berlin), fait rayonner le Québec au-delà de ses frontières.

Il n’en demeure pas moins que le débat doit s’ouvrir vis-à-vis d’un environnement cinématographique et télévisuel québécois trop souvent conservateur en terme de diversité à l’écran. En laissant souvent la porte fermée à l’entrée, certaines associations professionnelles protègent un milieu qui s’auto-régule, verrouillant les opportunités d’emplois aux acteurs de la diversité qui s’y présentent. À regarder par exemple le petit écran, on ne trouve pas de comparaison possible entre la réalité sociale de la diversité montréalaise et les comédiens des séries qui « spotent » tous les rôles, laissant ceux du « Taximan » haïtien très cliché aux acteurs des minorités visibles. N’est-ce là que leur seul registre? Nous pensons qu’il est nécessaire d’élargir davantage les accès aux écrans à tous ces acteurs de la diversité qui sont lassés de jouer les rôles « réservés » à des personnages « en couleur » ou à l’accent prononcé des habitants d’un quartier malfamé. Certes, quelques séries s’ouvrent à cette réalité sociale du Québec (30 vies notamment), mais la vérité des castings est encore loin du compte, ce qui assurément, participe aux mauvais chiffres des recettes locales que Michel Côté a commentés lui-même en affirmant : « C’est à nous de revitaliser notre patrimoine culturel ».

Cette revitalisation passe certainement par une mixité des rôles et des visages à l’écran pour s’approcher davantage d’un portrait québécois et montréalais plus juste puisque, rappelons-le, 31% des habitants à Montréal sont issus de la diversité. Le jour où l’écran reflétera la réalité sociale, peut-être que la vitalité des recettes du cinéma québécois s’en fera ressentir par un bassin nouveau de spectateurs qui, en se reconnaissant aussi à l’écran, fréquentera davantage les salles du grand écran, non ?

DAM encourage en ce sens les décideurs du milieu télévisuel et cinématographique à repenser leurs critères de sélection en considérant que les acteurs de la diversité ne souhaitent pas se contenter des rôles « clichés » qui, au-delà de les cantonner à une expression limitée de leur talent, ne font pas honneur au cinéma québécois. Le succès de Rebelle en est la preuve vivante et rafraîchissante…

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