La culture aux élections ? C’est toujours la même histoire !

 In

Montréal le 24 mars 2014 – Diversité artistique Montréal (DAM) se pose une et une seule question : pourquoi faut-il, à chaque élection municipale, provinciale ou fédérale, remuer ciel et terre pour voir apparaître la culture comme sujet de débat électoral ? Bien que non dupe vis-à-vis de la réponse, nous ne pouvons-nous empêcher de nous interroger une nouvelle fois…

À croire en fait que les Pauline Maurois, Philippe Couillard, Françoise David, ou François Legault de ce monde ne fréquentent jamais les musées, ne vont pas voir un seul festival ou un seul spectacle, n’emmènent jamais leurs enfants ou petits-enfants au cinéma, n’écoutent aucune musique dans leur bus de campagne ou ne lisent tout simplement pas un seul des innombrables romans de qualité parus au Québec et dans le monde chaque année. Bref, à croire que nos chefs politiques sont soit incultes en matière d’art et de culture (ce qu’on ne préfère pas imaginer), soit politiquement inconscients ou naïfs si l’on considère le levier électoral que représente le secteur de la culture. On penche davantage pour ce deuxième point…

En effet, à lire les statistiques[1] liées au milieu, il semble pourtant que ce secteur soit porteur à plus d’un titre puisque le milieu de la culture occupe une place prépondérante dans l’activité économique montréalaise et québécoise. Avec une activité économique aussi intense, le secteur culturel génère 1,1 milliard $ pour le gouvernement du Québec et 700 millions $ pour le gouvernement du Canada, soit 1,8 milliard $ par année de revenus gouvernementaux. Peut-on raisonnablement, quand on fait campagne, s’asseoir sur de tels chiffres ? Apparemment oui, puisqu’encore une fois, le secteur culturel est passé à la trappe au débat des « chefs ».

Mais ce qui préoccupe véritablement, ce n’est pas tant la considération chiffrée de notre secteur, mais davantage le fait de penser que nos futur-e-s élu-e-s, quel(elle) qu’il(elle) soit, ne semblent pas vivre dans la même métropole que nous, ne semblent pas respirer les effluves culturelles de Montréal et du Québec, ne semblent pas voir chaque jour cette effervescence créatrice qui fait poindre Montréal au rang des capitales mondiales de la culture et, au final, ne considèrent pas comme prioritaires les milliers d’artistes et travailleurs culturels qui, chaque jour, donnent à ce lieu unique la qualité de vie exceptionnelle qu’on lui reconnaît. Leur qualité de vie aussi…

Triste, non ?

 

[1] Lire l’étude : « La culture à Montréal : impact économique et financement privé », Chambre de commerce du Montréal métropolitain, 2009.

Autres nouvelles

Effectuez une recherche et appuyez sur Entrer