Raji Sarkis

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« Enfant prodige ! » a connoté Erik Berchot, suite à une prestation musicale de 45 minutes faite par Raji Sarkis en avant programme du récital du grand pianiste français. Il avait juste 10 ans ! Quelques années plus tard, malgré une licence en Médecine Générale obtenu à la Faculté de Damas en même temps qu’une licence en Musique et Piano auConservatoire Supérieur de Musique à Damas, l’engouement pour le piano, à la fois intense et singulier, toutefois orienté par sa mère pianiste-professeur Mme Marie-Laure Samaan, l’induit à abandonner définitivement la pratique de la Médecine et à s’investir corps et âme dans la musique. Boursier de la fondation Suisse Al-Ousseimi en résultat de son interprétation attrayante, longuement ovationnée par le public et largement saluée par les médias, du 2e concerto pour piano de Rachmaninov avec l’Orchestre Symphonique National Syrien (OSNS) dirigé par Solhi Al-Wadi, il fait ses valises et part en direction de la ville des lumières, Paris.

 

En France, prix et distinctions s’enchaînent ; 1er prix en diplôme supérieur d’enseignement à l'unanimité avec les félicitations écrites du jury, à la prestigieuse École Normale de Musique de Paris/Alfred Cortot ; distinction délivrée par Pierre Petit, suivi d’un 1er prix d’Excellence en piano au Conservatoire International de Musique de Paris où trois ans plus tard il devient membre du jury.

 

Disciple d’éminents Maîtres comme Victor Bounine, Vladimir Kouzounine et Almaz Abdellayïva, Raji a poursuit son perfectionnement à Paris aux côtés d’illustres professeurs tels que Germaine Mounier, Marian Ribicky et Pascal Godart et a continué, le long de son parcours, à recevoir les conseils éclairés de maîtres de renom notamment : Jean Fassina, Svetlana Navasartian et Françoise Thinat.

 

Il est régulièrement invité à se produire avec l’OSNS dirigé jadis par le Maître défunt Solhi Al-Wadi qui voyait en lui « un artiste complet doté d’une maturité singulière associée à une sensibilité hors norme » et avec qui il a joué le 2e concerto de Rachmaninov, concerto nº20 de Mozart et le Carnaval des animaux de St-Saëns dont « le cygne » fut créé en collaboration avec Rassym Abdellayïf, le phénoménale « artiste de peuple » (la plus haute distinction artistique en ex-Union Soviétique) ; l’intégral de ces concerts est diffusé par les chaines de télévision syriennes.

 

Finaliste au Ve Concours International de Casablanca pour les jeunes pianistes et au Concours International de Piano de Brest, il a participé à plusieurs festivals comme le Festival International des Langues à Tour, La Fête des Nations à Paris, Damas, Capitale de la Culture Arabe 2008 et l’Année St-Paul où la Création et l’inauguration du premier théâtre circulaire à ciel ouvert au Proche-Orient lui furent confiées à l’archevêché Syriaque Catholique à Damas.

 

De plus, après un Master en Musicologie obtenu à l'université de la Sorbonne Paris IV, il poursuit sa recherche de doctorat sous la tutelle de Jean-Pierre Bartoli dont le sujet est « l’Orient des Syriens, modes d’expression et signes musicaux dans leurs compositions instrumentales »; spécialité lui valant d’être nommé collaborateur artistique au Festival d’Automne qui s’est déroulé à l’Opéra Bastille/Paris en 2007.

 

D'autre part, en addition des ateliers de travail qu’il offre au Conservatoire Supérieur de Musique et à Solhi Al-Wadi Institute for Music in Damascus, il est créateur, architecte, directeur artistique et président de jury de nombreux projets consacrés à la création, la promotion et à la valorisation de la musique classique ainsi qu’à la consolidation des liens entre différentes cultures; Concours de Damas pour les jeunes Pianistes, International Solhi Al-Wadi Piano Competition for Youth (intitulé à sa création Concours International de Damas pour les Jeunes Pianistes), Dialogue…de Cadmus à Europe, le Laboratoire Musical International pour les Compositeurs Syriens (Oriental Landscapes), Mélodies...en parfaite harmonie entre autres.

 

Unanimement acclamé par la critique syrienne en tant que « le plus brillant pianiste de sa génération » grâce à « son jeu raffiné et son charisme scénique captivant », il a interprété avec l’OSNS dirigé par Missak Baghboudarian, à l’Opéra de Damas, le 1erconcerto pour piano et orchestre écrit par Hassan Taha, compositeur syrien-une première dans le monde arabe-; une œuvre majeure écrite et dédiée à lui. Et en 2010, étant directeur artistique de Chopin…le Syrien, un projet exceptionnel entrepris sous le patronage exclusif de l’Opéra damascène, tout en allant au-delà des frontières et des prototypes, il a distinctement célébré le bicentenaire de F. Chopin en interprétant ses œuvres les plus éminentes à côté des créations écrites et dédiées à lui par Chafi Badreddine et Zaid Jabri, brillants compositeurs syriens contemporains.

 

De surcroit, tout au long de sa formation et de sa carrière, sont demeurées au coeur de ses procupations principales, et l'émergence et l'évolution de la musique orientale « savante » contemporaine, syrienne et moyen orientale en particulier, tout en constituant obstinément l'essence et le point dominant, à de nombreuses dimensions et sur plusieurs niveaux, de l'ensemble des projets qu'il a fondé.

 

Dans ce contexte précis, Raji est considéré comme instigateur du courant en faveur d'une meilleure considération et d'une reconnaissance accrue à l'égard de ses pionniers, compositeurs, chefs d'orchestre, interprètes et critiques, en étant le premier à inclure leurs travaux et à intégrer activement leurs personnes dans des projets vivants aux cotés de nombreux compositeurs et de personnalités contemporains influents des milieux académique culturel et des médias, en Syrie et au delà de ses frontières. À titre d'exemple, anticipant les manifestations à la fois officielles et privées, il fut le premier à rendre hommage à Solhi Al-Wadi, père fondateur du mouvement musical savant syrien ; deux concerts de piano ont été donnés à Paris comme à Damas peu après sa mort. De même, en signe de reconnaissance, il a octroyé son nom aux premiers prix de tout les concours qu'il a fondés à Damas en collaboration avec le « Arab Institue for Music » qui d'ailleurs lui aussi, porte désormais, son nom.

 

Enfin, sa recherche pour obtenir le doctorat à l'Université de la Sorbonne Paris IV est considérée comme la première étude académique traitant l'histoire de la musique savante syrienne, création et évolution, à travers une documentation complète et une analyse exhaustive de l'ensemble des travaux de ses créateurs jusqu'à aujourd'hui.