Maryam Tavaf

J'ai connu les affres de la guerre et sa violence, la danse des bombes semant la mort, emportant les êtres chers à jamais perdus dans ce tourbillon de feu. Sur ma toile j'imagine à la fois le voyage éphémère et le cadeau de la vie. L'univers même est une offrande qui se donne en toile blanche pour nous tous. Nous sommes libres d’interpréter les couleurs et les émotions que nous souhaitons. Je tente ainsi de représenter avec sincérité la projection de ma vie avec ses véritables couleurs et ses contrastes. J’ai réalisé ma première exposition solo au 1999, selon la thématique réaliste de Persépolis. Malgré le succès retentissant de cette exposition, j’ai senti que je ne pouvais pas continuer sur le chemin du réalisme sans risquer de devenir une artiste conventionnelle. Je ne voulais pas être restreinte à cette voie limitée. Dès lors, j’ai su que je devais me dépasser et que ma démarche serait dorénavant d’ordre spirituel, expressionniste et psychologique. L’expression des corps et forme d’humain, allait me révéler mille subtilités à saisir et à exprimer. La résultante de cette période se matérialisa en une exposition sous le titre des angoisses, parue en 2002. Suivra une courte période, jusqu’en 2004, je me consacrerai au collage afin d’exprimer le monde intérieur de l’homme : ses peurs, les masques, l’équilibre corporel, l’asymétrie, comme autant de contraires en contraste comme le bien, le mal, la guerre, la paix, le Yin et le Yang universel. De 2005 à 2007, l’abstrait s’est imposé naturellement. Passionnée par le mouvement, les formes, les couleurs et les contrastes, j’ai recherché les rythmes et les contrasté des cycles de la vie et de la nature, dépeint sur mes toiles. Si bien que l’ensemble de ces œuvres suggère l’impression d’un tempérament explosif face à la nature et le Ying et Yang mondial. De 2008 à 2010, j’ai graduellement intégré la calligraphie et la poésie perse à mes tableaux. Des paroles ou de simples symboles en des formes abstraites ou figuratives interrogeant sur l’essence même de l’écriture comme symbole abstrait pour quiconque ne peut en déchiffrer le sens. Les corps deviennent lettres et les lettres deviennent corps. Les couleurs froides et sans relief sont remplacées par des couleurs chaudes et profondes qui à leur tour, disparaissent pour faire place à plus de sobriété. Comme si les cicatrices de la grisaille des années et la guerre disparaissaient soudainement, et exprimant un espoir renouvelé. Le nom de ces œuvres est prières, peut-être pour que cette flamme d’espoir ne s’éteigne jamais. Dans mes toiles plus récentes, on trouve des femmes qui crient, cherchent et croisade pour les vrais amours et les valeurs. Elles ne perdent jamais espoir. Elles peignent sur la toile sombre de la vie des couleurs arc-en-ciel qui symbolisent, leur force et leur amour. Ces femmes se battent pour garder intacte la lumière. Maryam.

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