Khadouj Aberki

Née au Maroc, j’ai toujours eu un penchant pour la peinture dès mon jeune âge. Toute jeune, j’obtenais les meilleures notes en dessin à l’école, mais en raison d’un manque de soutien, j’ai opté pour des études classiques en m’orientant vers l’enseignement en philosophie. Libérée de mes responsabilités professionnelles dans mon pays, après une vingtaine d’années de service en tant qu’enseignante, j’ai décidé de m’installer à Montréal, certes sans couper le pont avec mon pays natal puisque je m’y donne un devoir d’y passer mon été annuellement. Avec le temps, je commençais à flirter avec le milieu artistique à Montréal de par les centres de loisirs, les Maisons de la culture, les galeries et les musées. Le destin m’a permis en quelque sorte de me rattraper en vivant quelque chose que je désirais depuis mon enfance. Finalement, ma fille décide de m’inscrire à des cours de peinture au Centre de loisirs de Côte-des-Neiges, ce qui fut réellement le début d’une aventure. Ce qui m’a permis également de devenir membre du comité des expositions au Centre.

Mon but ultime dans la peinture est d’amener le spectateur dans une histoire en harmonie, dans laquelle l’être humain joue un rôle prépondérant. Celui-ci est dans son quotidien et aussi dans son espace réel. La plupart de mes personnages sont définis par leurs cotés émotionnels, laissant paraître un instant de vie qui incite à la réflexion et à la méditation. 

Je me permets d’utiliser le mot valeur en fusion avec l’art et il est bien approprié quand vient le temps de parler de traditions. Sans être nostalgique, je tiens à placer l’être humain au centre de mes sujets, surtout la femme. Pour moi, il doit être l’acteur principal dans mes toiles et dans la vie, dans ses moments de souffrance ou de joie. Et comme vous pouvez le constater, j’aime présenter l’être humain de dos, car cette présentation à une force d’attraction liée a des silhouettes secrètes qui se lisent a travers plusieurs lectures, contrairement aux visages qui se lisent souvent comme une nouvelle.

Cela dit, j’espère que chaque personne qui découvre mon art sort avec une bonne réflexion sur mon travail, que ce soit sur le plan esthétique ou sur les questions qu’il suscite. Il n’en tient qu’à eux de continuer cette tentative d’interrogation sur des mots qui étaient importants et même essentiels à une certaine époque, telle que l’amour, l’amitié, la famille, le contact humain, les petites professions, etc. Ces mots disparaissent jour après jour dans ce beau monde moderne où la technologie prime desfois malgré son coté positif.